Prévalence de la violence conjugale récente

Export Indicator

Proportion de femmes âgées de 15 à 49 ans qui sont ou ont été mariées ou sont en couple, et qui ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire masculin au cours des 12 derniers mois
What it measures

Progrès accomplis dans la réduction de la prévalence de la violence des partenaires intimes contre les femmes, en tant que résultat en soi et en tant qu’estimation approximative de l’inégalité des sexes.

On définit le terme « partenaire intime » comme le partenaire avec lequel la personne habite ou a habité, en étant mariés ou non. La violence peut intervenir après leur séparation. 

Rationale

À l’échelle mondiale, les taux élevés d’infection à VIH ayant été observés chez les femmes ont attiré l’attention sur le problème de la violence contre les femmes. Il apparaît de plus en plus clairement que le risque d’infection à VIH chez les femmes et les filles ainsi que leur vulnérabilité face à cette infection sont largement influencés par des inégalités entre les sexes omniprésentes et profondes, en particulier la violence à leur encontre. La violence et le VIH ont été reliés de façon directe ou indirecte. Les études menées dans de nombreux pays indiquent que de très nombreuses femmes ont subi des violences, d’une forme ou d’une autre, à un moment de leur vie. L’OMS estime qu’une femme sur trois dans le monde a subi, au cours de sa vie, des violences au sein du couple et/ou des violences sexuelles d’un homme autre que leur partenaire.

Numerator

Femmes âgées de 15 à 49 ans ayant actuellement ou ayant eu un partenaire intime, qui déclarent être ou avoir été victime de violences physiques ou sexuelles de la part d’au moins un de leurs partenaires au cours des 12 derniers mois. Pour prendre connaissance des actes de violence physique ou sexuelle à inclure, veuillez consulter les explications ci-après concernant le numérateur.

Denominator

Nombre total de femmes interrogées âgées de 15 à 49 ans qui ont actuellement ou ont eu un partenaire intime 

Calculation

Numérateur/dénominateur

Method of measurement

Enquêtes de population déjà utilisées par les pays, telles que les enquêtes de l’OMS qui portent sur plusieurs pays, les enquêtes démographiques et de santé ou les enquêtes portant sur les indicateurs sida (module violence familiale) et les enquêtes internationales sur la violence contre les femmes (EIVF).

La collecte de données sur la violence contre les femmes requiert des méthodologies particulières conformes aux normes de déontologie et de sécurité, afin de préserver la sécurité des personnes interrogées tout en optimisant la validité et la fiabilité des données.

Measurement frequency

Tous les 3 à 5 ans

Disaggregation
  • Âge (15-19, 20-24 et 25-49)  
  • Statut VIH (si disponible)
Explanation of the numerator

Les femmes âgées de 15 à 49 ans déjà mariées ou ayant un partenaire incluent les femmes ayant été mariées et ayant eu un partenaire intime. On demande à ces femmes si elles ont été victimes de violences physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire intime masculin au cours des 12 derniers mois. On identifie les violences physiques ou sexuelles en demandant à une femme si un partenaire intime a agi de la manière suivante :

  • L’a giflée ou lui a lancé quelque chose qui pouvait la blesser.
  • L’a bousculée ou l’a poussée.
  • L’a frappée avec le poing ou quelque chose qui pouvait la blesser.
  • Lui a donné un coup de pied, l’a traînée ou l’a battue.
  • L’a étranglée ou l’a brûlée.
  • L’a menacée de ou a utilisé un pistolet, un couteau ou une autre arme contre elle.
  • L’a physiquement forcée à avoir un rapport sexuel contre sa volonté.
  • L’a forcée à un acte sexuel qu’elle a trouvé dégradant ou humiliant.
  • L’a menacée pour qu’elle ait des rapports sexuels avec lui

Il faut inclure dans le numérateur les personnes faisant état d’au moins un incident correspondant à l’un de ces éléments au cours des 12 derniers mois.

Explanation of the denominator

Nombre total de femmes interrogées âgées de 15 à 49 ans qui ont actuellement ou ont eu un partenaire intime.

Strengths and weaknesses

Cet indicateur évalue les progrès réalisés dans la réduction de la proportion de femmes ayant récemment subi des violences de la part de leur partenaire intime (VPI). Cet indicateur offre également une approximation pour évaluer l’inégalité des sexes. Toute variation de prévalence pour les violences récentes indique un changement au niveau de l’inégalité des sexes, qui est l’un des facteurs structurels influençant l’épidémie de VIH.

Cet indicateur se concentre sur la violence d’un partenaire intime récente, plutôt que la violence subie par le passé, de manière à suivre et évaluer les progrès réalisés dans le temps. La prise en compte de violences plus anciennes donnerait un indicateur qui évolue peu dans le temps, quels que soient les programmes mis en place, puisque le numérateur inclurait alors une femme à partir du moment où elle appartient à la tranche d’âge visée. Il n’est pas possible de réduire de manière durable les VPI sans changement fondamental des mentalités et des relations hommes-femmes dans les foyers et les communautés, sans respect des droits légaux et humains des femmes, et sans réduction des inégalités de sexe dans l’accès aux soins médicaux, à l’éducation et aux ressources économiques et sociales. La présence d’hommes dans les disciplines liées à la santé reproductive et en pédiatrie est également essentielle. Cela n’est pas non plus possible sans responsabiliser les hommes en matière de prévention du VIH. Ainsi, toute évolution de cet indicateur relatif à la VPI indique une évolution dans le statut et le traitement des femmes au sein d’une société, à même de réduire, directement et indirectement, le risque de transmission du VIH.

Néanmoins, même en respectant les directives déontologiques et de sécurité de l’OMS et en conduisant les interviews dans un cadre approprié, certaines femmes n’oseront pas s’exprimer. Les estimations n’offriront donc qu’une image atténuée des violences ayant réellement lieu au sein de la population interrogée.

Le lien complexe qui existe entre la violence contre les femmes et le VIH a été illustré à travers un examen complet des données actuelles et de l’expérience acquise dans le développement et la mise en œuvre d’interventions et de stratégies contre les violences et le VIH. Depuis plus de dix ans, des recherches menées dans le monde entier ont démontré le lien indéniable qui existe entre la violence contre les femmes et le VIH. Elles indiquent par ailleurs que cette violence est à la fois un facteur contribuant à l’infection et une conséquence de l’infection. Différents mécanismes directs et indirects entrent en jeu dans ce rapport.

  • La peur des violences peut empêcher les femmes d’insister pour qu’un partenaire masculin, qu’elles suspectent d’être séropositif, utilise un préservatif.
  • La peur de la VPI peut empêcher les femmes de révéler leur séropositivité ou de chercher à se faire soigner.  
  • La pénétration vaginale forcée augmente la probabilité de transmission du VIH.
  • Le viol est l’une des formes que prend cette violence et peut aboutir à une infection à VIH, bien qu’il ne s’agisse que d’une minorité de cas.
  • Le viol, comme toute autre maltraitance physique ou sexuelle, peut aboutir à une détresse psychologique conduisant à des comportements sexuels à risque favorisant la transmission du VIH.
Further information

S’engager pour l’égalité des sexes : mettre fin aux violences envers les femmes et les filles. New York : ONU Femmes, 2010 (http://www.unwomen. org/ en/digital-library/publications/2010/1/ending-violence-against-women-and-girls-unifem-strategy-and-information-kit).

OMS, ONUSIDA. Dénoncer la violence faite aux femmes et le VIH/sida : quels résultats ? Genève : Organisation mondiale de la santé, 2010 (http:// www.who.int/reproductivehealth/publications/violence/9789241599863/en).

Programme on International Health and Human Rights, Harvard School of Public Health. Violence sexiste et VIH. Cambridge (MA) : Harvard School of Public Health, 2009.

Maman S, Campbell J, Sweat MD, Gielen AC. L’intersection du VIH et de la violence : directions pour de futures recherches et interventions. Soc Sci Med. 2000 ; 50:459–478.

OMS, département Santé et recherches génésiques, London School of Hygiene and Tropical Medicine, Conseil sud-africain de recherche médicale. Estimations mondiales et régionales des violences faites aux femmes. Prévalence et effets sur la santé de la violence d’un partenaire intime ainsi que de la violence sexuelle d’un non-partenaire. Genève : Organisation mondiale de la santé, 2013 (http://www.who.int/reproductivehealth/publications/ violence/9789241564625/en).

OMS, ONUSIDA. 16 idées pour lutter contre les violences faites aux femmes dans le contexte de l’épidémie de VIH : un outil de programmation. Genève : Organisation mondiale de la santé; 2013 (http://www.who.int/reproductivehealth/publications/violence/vaw_hiv_epid...).

Tous unis avec les femmes, tous unis contre la violence et le VIH. Genève : ONUSIDA, 2014 (http://www.unaids.org/en/resources/ documents/2014/20140312_JC2602_UniteWithWomen).

Organisation mondiale de la santé et London School of Hygiene and Tropical Medicine. Prévenir la violence sexuelle ainsi que la violence d’un partenaire intime contre les femmes : prendre des mesures et apporter des preuves. Genève : Organisation mondiale de la santé, 2010 (http://www. who.int/reproductivehealth/publications/violence/9789241564007/en).

Dunkle KL, Decker MR. Violence sexiste et VIH : examiner les preuves pour les liens de cause à effet dans la population générale et les groupes présentant un risque élevé. Am J Reprod Immunol. 2013 ; 69 (Suppl. 1) : 20–26.

Adolescents et jeunes femmes. Source : Rapport sur le retard pris. Genève : ONUSIDA, 2014 : 132–145 (http://www.unaids.org/en/media/unaids/ contentassets/documents/unaidspublication/2014/unaids_gap_report_en.pdf).

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