Attitudes discriminatoires à l’encontre des personnes vivant avec le VIH

Export Indicator

Pourcentage de femmes et d’hommes de 15 à 49 ans qui font état d’attitudes discriminatoires à l’encontre des personnes vivant avec le VIH
What it measures

Progrès dans la réduction des attitudes et des politiques discriminatoires

Rationale

La discrimination constitue une violation des droits de l’homme ; elle est prohibée par la législation internationale sur les droits de l’homme et par la plupart des constitutions nationales. Dans le contexte du VIH, la discrimination désigne un traitement injuste ou inique (par acte ou par omission) à l’égard d’une personne, en raison de son statut VIH présumé ou réel. Ces discriminations augmentent les risques et privent les individus de leurs droits, ce qui a pour effet de nourrir l’épidémie de VIH. Cet indicateur ne constitue pas une mesure directe des discriminations, mais plutôt une mesure des attitudes discriminatoires susceptibles de résulter de certains comportements (ou omissions). L’une des données qui entrent dans le calcul de cet indicateur évalue le soutien potentiel apporté par les personnes interrogées aux discriminations qui interviennent au sein d’une institution ; l’autre évalue l’isolement social et les comportements induits par des préjugés. D’une manière générale, cet indicateur composite constitue une mesure de l’ampleur des préjugés et discriminations potentielles induits par le VIH au sein de la population générale. Cet indicateur peut améliorer la compréhension des discriminations induites par le VIH ainsi que les interventions visant à réduire ces dernières : i) à travers l’évolution du pourcentage d’individus adoptant des attitudes discriminatoires, ii) en permettant des comparaisons entre les administrations nationales, provinciales, régionales et locales et iii) en identifiant les domaines d’action prioritaires.

Numerator

Nombre de personnes interrogées, âgées de 15 à 49 ans, ayant répondu « non » à l’une des deux questions

Denominator

Nombre de personnes interrogées, âgées de 15 à 49 ans, ayant entendu parler du VIH 

Calculation

Numérateur/dénominateur

Method of measurement

Enquêtes réalisées auprès de la population (enquêtes démographiques et de santé, enquêtes sur les indicateurs du sida, enquêtes en grappe à indicateurs multiples et autres enquêtes représentatives). Cet indicateur est établi à partir des réponses données aux questions suivantes par un échantillon de la population générale ayant entendu parler du VIH :

  • Achèteriez-vous des légumes frais auprès d’une personne dont vous connaissez la séropositivité ? (Oui ; Non ; Je ne sais pas/Je ne suis pas sûr(e)/ Cela dépend) 
  • Pensez-vous que les enfants séropositifs devraient pouvoir être scolarisés avec des enfants séronégatifs ? (Oui ; Non ; Je ne sais pas/Je ne suis pas sûr(e)/ Cela dépend) 
Measurement frequency

Tous les 3 à 5 ans
 

Disaggregation
  • Âge (15-19, 20-24 et 25-49)
  • Sexe
  • Les réponses pour chacune des questions (basées sur le même dénominateur) sont nécessaires en plus des réponses unifiées de l’indicateur composite.
Explanation of the numerator

Les personnes qui n’ont jamais entendu parler du VIH et du sida doivent être exclues du numérateur et du dénominateur. Les participants qui répondent « Je ne sais pas/Je ne suis pas sûr(e)/Cela dépend » et ceux qui refusent de répondre doivent également être exclus.

Les réponses « Oui » et « Non » à chaque question ne peuvent pas donner un total de 100 % s’il y a des « Je ne sais pas » ou des valeurs manquantes. Il serait donc inexact de calculer le pourcentage de personnes qui ont répondu « Non » à cette question en partant de 100 % et en déduisant le pourcentage de réponses « Oui ».

Strengths and weaknesses

Cet indicateur évalue directement les attitudes et l’appui des politiques discriminatoires.

La question relative à l’achat de légumes frais est pour ainsi dire identique à celle utilisée dans le cadre des enquêtes démographiques et de santé visant à évaluer la tolérance à l’égard des personnes vivant avec le VIH, ce qui permet un suivi continu de l’évolution des tendances. Cependant, cette question se concentre sur les réponses négatives (attitudes discriminatoires) plutôt que sur les positives (attitudes d’acceptation). Il s’agit d’une amélioration par rapport aux mesures de tolérance précédemment utilisées, l’indicateur étant applicable à travers un large éventail de cultures, que la prévalence du VIH soit élevée ou faible, et quels que soient les niveaux de revenus dans le pays considéré. Les données qui entrent dans le calcul de cet indicateur composite ainsi que l’indicateur lui-même ne reposent pas sur l’observation par la personne interrogée d’actes de discrimination ouverte à l’encontre de personnes vivant avec le VIH, car dans de nombreux contextes, de tels actes sont rares et difficiles à caractériser et quantifier. Il s’agit plutôt d’évaluer les attitudes des individus, qui peuvent jouer un rôle plus direct dans les comportements adoptés.

Les questions recommandées évaluent l’assentiment de la personne interrogée face à des situations hypothétiques plutôt que de s’intéresser à des cas de discrimination dont cette dernière aurait été témoin. Un certain biais de « bienséance sociale » peut donc conduire à une sous-estimation des attitudes discriminatoires. Il n’existe aucun mécanisme analysant la fréquence des discriminations ou leur gravité.

La mesure de la prévalence des attitudes discriminatoires au sein d’une communauté doit si possible être complétée par la collecte de données qualitatives concernant la cause des discriminations. Il serait également judicieux de collecter régulièrement des informations auprès des personnes vivant avec le VIH concernant leur expérience de la stigmatisation et des discriminations via les études sur les indices de stigmatisation des personnes vivant avec le VIH (www.stigmaindex.org) et de comparer les résultats obtenus avec les données de l’indicateur couvrant les attitudes discriminatoires

Further information

Volet thématique : non-discrimination. Note d’information. Source : Trente-et-unième réunion du Conseil de Coordination du Programme de l’ONUSIDA, Genève, 11-13 décembre 2012. Genève : ONUSIDA, 2012 (http://www.unaids.org/en/media/unaids/contentassets/documents/ pcb/2012/20121111_PCB%2031_Non%20Discrimination_final_newcoverpage_en.pdf).

Stangl A, Brady L, Fritz K. Document technique : mesure de la stigmatisation et de la discrimination liée au VIH. STRIVE. Washington DC et Londres : International Center for Research on Women et London School of Hygiene and Tropical Medicine, 2012 (http://strive.lshtm.ac.uk/system/files/ attachments/STRIVE_stigma%20brief-A4.pdf).

Stangl A, Lloyd JK, Brady LM, Holland CE, Baral S. A systematic review of interventions to reduce HIV-related stigma and discrimination from 2002 to 2013: how far have we come? J Int AIDS Soc. 2013 ; 16 (3 Suppl 2) (http://www.jiasociety.org/index.php/jias/issue/view/1464).

Stigma Action Network (http://www.stigmaactionnetwork.org).

Pour en savoir plus sur les méthodes et instruments employés pour l’Enquête démographique et de santé et l’Enquête sur les indicateurs du sida, veuillez consulter le site http://dhsprogram.com.

Cet indicateur propose une importante mesure de la prévalence des attitudes discriminatoires envers les personnes vivant avec le VIH. Pour bénéficier d’une évaluation plus complète des progrès accomplis en matière d’élimination de la stigmatisation et des discriminations liées au VIH, et de la réussite ou de l’échec des efforts en matière de réduction de la stigmatisation, il est également crucial de mesurer d’autres composantes de la stigmatisation et de la discrimination.

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